Economies et des-économies des effets utiles

Posted on 16 mars 2010 par

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Le modèle de consommation hérité du capitalisme industriel révèle de plus en plus clairement ses limites.

Sur le plan environnemental, il est désormais acquis qu’il n’est pas soutenable à moyen terme. Sur le plan économique, face à la saturation des besoins de base, à la montée de compétence des consommateurs, voire à la prise de distance critique vis-à-vis de la consommation de la part de certains d’entre eux, la dimension déceptive de la consommation s’impose de plus en plus dans les stratégies marketing.

La tendance à l’ « orientation client » observée depuis plusieurs années peut favoriser le passage à un nouveau modèle de consommation qui marquerait le déplacement du produit comme objet de la transaction à la production d’effets utiles comme objectif de la relation. Une reconfiguration profonde de la nature de la relation commerciale est ainsi en perspective, susceptible de répondre plus efficacement et de manière plus responsable aux attentes des consommateurs. Néanmoins ce type de relation marchande est lourd de menace sur le plan de la protection du consommateur et appelle une refondation du socle institutionnel.

Philippe Moati est professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot et directeur de recherche au CRÉDOC.
Ses travaux portent différentes facettes des transformations du capitalisme : restructurations du système productif, mutations du commerce de détail, évolution du modèle de consommation…

  • L’économie des bouquets. Les marchés de solutions dans le nouveau capitalisme, Editions de l’Aube, La Tour d’Aigues, 2008 (Prix de l’Académie des sciences commerciales 2009).
  • « Une économie des effets utiles », in Forum d’Action Modernité, Vers un autre monde économique. Dépression ou émergence ?, Descartes et Cie, 2009.
  • « Cette crise est aussi une crise du modèle de consommation », Les Temps Modernes, octobre 2009.